Les visages sont différents, mais l'histoire reste la même. Les visages sont différents, mais l'histoire reste la même.

"Les Choristes ont changé ma vie"

La rédaction - 30.10.2017

L'Avenir

Christophe Barratier a adapté lui-même son film en un spectacle musical qui sera de passage pour une date unique à Bruxelles le 9 décembre. 

Interview : Michaël DEGRE

Christophe Barratier, vous savez qu'on va vous intenter un procès ? Parce que voilà plus de dix ans, depuis la sortie des "Choristes" (2004)que "Vois sur ton chemin" nous trotte dans la tête, et voilà que vous revenez avec un spectacle pour la piqûre de rappel...

(Il rit) Ce qui est dingue, surtout, c'est de savoir dans quelles conditions cette chanson a été écrite. C'est l'un des tritres dont j'ai composé les paroles, avec Bruno Coulais, en deux après-midi. Après quoi, je le trouvais sympa, mais sans plus : jamais je n'aurais pensé qu'il passerait à la postérité. Alors, l'entendre chanté par Beyoncé deux ans plus tard, aux oscars, vous pensez...

Pour qu'un film musical marque son époque, il faut obligatoirement qu'il recèle des morceaux comme celui-là, qui marquent ?

Oui, prenez La mélodie du bonheur, Les demoiselles de Rochefort, et même West Side Story, qui est encore à un autre niveau puisqu'il y a là une brouette de tubes:on associe à chacun de ces titres des chansons encore dans toutes les têtes. Mais de la même façon, une bonne chanson ne suffit pas si le film n'est pas bon. On ne sait d'ailleurs jamais à quoi ça tient. Même si, ici, j'ai ma petite idée...

Qui est ?

Je pense que ce film, et le spectacle aujourd'hui, met les enfants face à des souvenirs qu'ils se créent, et les parents face à leurs vrais souvenirs d'enfance. C'est ça, le sujet: les blessures de l'enfance. Et je l'ai vu en France comme en Chine: les gens pleurent autant qu'ils rient. Parce que c'est universel.

Passer du film à la scène, c'est compliqué ?

Non, c'est pareil: le support change, mais ça reste le même travail. J'ai même été surpris par la facilité avec laquelle j'ai réussi cette adaptation: certaines scènes sont meilleures, certains personnages plus fouillés. D'ailleurs, quand j'ai vu les représentations en France, je me suis aperçu que les enfants - qui composaient parfois plus de la moitié de la salle - venaient pour les personnages, et se fichaient pas mal de ceux qui les incarnaient. On n'était plus du tout dans la "starisation" de Jean-Baptiste Maunier. Et personne ne m'a dit: ah, on regrette Jugnot. Ça ne veut pas dire qu'ils sont oubliés, mais c'est comme si ces personnages appartenaient, maintenant, au répertoire classique.

Que va t-on voir de différent dans ce spectacle ?

Si vous avez vu le film, la principale différence, c'est simplement le fait qu'il s'agisse d'un spectacle vivant. Que ces enfants sont là, chaque soir, devant eux, pour chanter. et rien ne remplace l'effet physique que produit la voix en direct, l'émotion que cela induit. On en dit plus, aussi, sur certains personnages, comme Mondain et surtout Rachin, qui n'est pas méchant pour rien: c'est un prof d'histoire désabusé, qui a eu le malheur de prendre les postes qu'il ne fallait pas prendre pendant l'Occupation. Et qui l'a payé ensuite.

L’émotion, elle est intacte pour vous ? A chaque représentation ?

Oui, parce que ça reste mon histoire: j'étais enfant soprano, ça fait partie de moi. Et cette adaptation était finalement une belle manière de parler autrement de cette aventure, et d'aller au plus près de ce que j'ai vécu. Et puis, ce film a changé ma vie: il m'a rendu légitime, même si tout ce que j'ai fait après, je l'ai fait avec la même passion.

Les Choristes le 09/12 à Forest National.

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