"En adaptant, j'ai eu l'impression que le spectacle était à l'origine du film"

"En adaptant, j'ai eu l'impression que le spectacle était à l'origine du film"

La rédaction - 13.12.2017

En 2004, Christophe Barratier réalisait ce qui allait être, un peu partout, un eau succès : le film "les choristes". Plus de dix ans plus tard, il a remis les deux pieds dans cette belle aventure ... mais sur les planches !

LA VIE NOUVELLE

En préparant ce nouveau projet autour des Choristes, avez-vous retrouvé l'excitation du début ?

C.B. Oui, j'ai non seulement retrouvé cette excitation, mais aussi eu la possibilité d'aller plus en profondeur, avec un peu moins d'inconscience. L'adaptation théâtrale et la traduction visuelle, stylistique qu'il a fallu faire, coulaient tellement de source que j'avais l'impression que ce spectacle étai à l’origine du film. En supprimant un ou deux personnages adultes et quelques enfants, j'ai ainsi pu développer davantage et épaissir certains caractères. Ce ne sont donc pas des photocopies couleurs du scénario. Cette nouvelle aventure est passionnante car j'ai aussi dû refaire un travail musical, avec une création en direct chaque jour de spectacle ! C'est peut être là la vraie différence avec le film : chaque soir, nos petits mouflets d'1,32 m arrivent à tenir une salle de 4 000 personnes... et ça, c'est formidablement émouvant ! Au final, j'aime dire que c'est le même récit, mais que c'est une oeuvre nouvelle !

De quelle manière avez-vous dirigé le travail avec la Maîtrise des Hauts-de-Seine, où avez-vous trouvé vos chanteurs ?

C.B. Quitte à faire une comédie musicale, nous avons voulu, avec Bruno Coulais, développe la trame, l'espace musical. Nous avons donc fait chanter les personnages adultes, ce qui n'était pas le cas du film. Pour les petits sopranos, nous avons trouvé, au seine de la magnifique Maîtrise des Hauts-de-Seine, un formidable vivier d'enfants déjà formés et habitués à chanter, à vivre ensemble ! La principale difficulté du projet n'était pas tellement artistiques, mais de production technique : à leur âge, ils n'ont le droit de jouer, au théâtre, que deux fois par semaine. La solution: constituer trois groupes et les faire jouer en alternance. Cela impliquerait donc de trouver trois Morhange, trois Pépinot... et aujourd'hui, quarante-cinq enfants font partie de l'aventure ! Des enfants que nous devons parfois renouveler à cause de leur mue. Et c'est génial, car cela challenge à chaque fois les adultes qui n'ont jamais tout à fait les mêmes enfants face à eux.

Est-ce que cela a été simple de reprendre la plume pour l'écriture des chansons ?

C.B. Oui, car il y a un style Choristes qui tient à la fois de l'intemporalité, de la naïveté, de la simplicité... et qui n'est pas facile à acquérir : une façon de chanter, de s'exprimer, que je détiens à l'intérieur de moi sans l'avoir codifié. Il n"y a jamais une scène totalement trafique: on est toujours dans une certaine dérision, un certain burlesque et une dimension tragique. Je marie toujours les deux pour aborder cette nostalgie de l'enfance. A l'époque du film, je m'étais rendu compte que les gens riaient et étaient émus au même moment, que ce soit en Chine ou à Cuba. Cela veut donc dire que, quelle que soit notre classe, notre condition sociale ou nos origines, chacun a vécu les mêmes joies ou les mêmes peines d'enfant. C'est, je crois, ce qui fait qu'il y a une quasi-cohésion mondiale autour de ce récit.

Célia Di Girolamo

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