Ce matin-là, à l'intérieur de la salle d'honneur du château travestie en salle de classe se jouait donc la scène décisive où les apprentis choristes auditionnent devant leur pion-musicien Clément Mathieu. La canicule inflige au décor une étuve à faire rôtir tout espoir. Comme par hasard, c'est ce jour-là que tous les producteurs avaient choisi pour venir batifoler sur ce tournage estival. Dans ma tête, je me faisais un autre film tout aussi angoissant : venaient-ils en rang serré pour me donner l'extrême-onction ? Je me disais que la scène à tourner allait en décider. 
 J'avais opté pour deux caméras installées de manière à ne pas couper la continuité de la scène, sorte de photomaton en mode vingt-quatre images. Premier gamin : Patatras. Il se trompe, chante n'importe quoi. Mais il amuse tout le monde, toujours ça de pris. Deuxième : il bafouille sans fin mais c'est tout encore plus drôle. Je me sens frissonner. Troisième : il bégaie trois fois, paralysé par le trac. Bingo ! Quatrième : le petit Maxence Perrin " Pepinot ". Sa réplique : " J'connais pas d'chansons ! " fait craquer tout le monde sur le plateau. Et puis un autre, et encore un autre. Quand je dis " Coupez ", je ressentais les effluves d'une mer apaisée, une brise salvatrice et un équipage qui retrouvait la confiance. A partir de cet instant, chaque heure, chaque jour, les obstacles tombaient un à un et l'alchimie qui se créait était de celle qui, on ne saura jamais pourquoi, donne ces films qui ont quelque chose de plus que les autres. J'avais gagné mes galons dorés et le tourbillon des " Choristes " pouvait déferler comme une fontaine de jouvence que rien n'arrêterait. 
 On connaît le phénomène " choristes " qui s'ensuivit dans le monde entier, jusqu'à la nomination du film aux Oscars. La bande originale signée Bruno Coulais atteint le sommet des charts et pas qu'en France. Ma propre composition " Cerf-Volant " connût de multiples adaptations mais toutefois moins que " Vois sur ton chemin " (dont j'avais écrit les paroles en quelques heures) qui se trouvait nommé aux Oscars, interprétée par Beyonce sur la scène du Kodak Theater. 
 Certains évoquaient déjà un " Choristes 2 "... je refusais de considérer même une seconde une hypothèse aussi mortifère. En revanche, celle d'une adaptation scénique paraissait une belle façon de poursuivre l'aventure du film, le jour venu. Ou plutôt, l'année venue. Gérard Louvin nous fît une proposition dans ce sens peu après la sortie mais il fallait que le temps passe, que nous passions tous à autre chose pour éviter la confusion du " produit dérivé ". 
 Alors que je n'y pensais même plus, l'occasion s'est présentée bien plus tard par l'entremise de plusieurs contacts. Mes interlocuteurs partageaient l'ambition de conserver la forme modeste du film, d'en respecter le style musical et de renouveler sans trahir. 
 En m'attelant à l'adaptation, je trouvais le projet tellement cohérent pour la scène que j'en arrivais à me demander si le spectacle n'avait pas précédé le film. Nonobstant quelques modifications de personnages, de scènes et de structure, je pouvais rester fidèle au récit tout en livrant une oeuvre nouvelle. 
 Le travail de production fût entrepris très en amont avec el jefe de produccion des " Folies Bergère ", Jean-Marc Vicariot " Chiquito ". Notre principal challenge consistait à former une troupe de gamins de moins de 13/14 ans (avant la mue) en suivant les règles formidablement légitimes et formidablement contraignantes du travail des enfants. La seule solution consistait à former 3 équipes de 15 enfants pour se succéder sur scène en alternance. Par chance, nous avons pu convaincre Gael Darchen – à la tête de la prestigieuse maîtrise des Hauts-de-Seine – de nous rejoindre dans l'aventure. C'est au sein de son effectif que nous allions former notre chorale – ou en réalité nos " trois " chorales - de Fond-de-l'Etang. Ce qui, dit en passant, m'obligeait à régler trois mises en scène pour le prix d'une. 
 L'adaptation sous forme de spectacle musical m'a conduit presque naturellemen Ce matin-là, à l'intérieur de la salle d'honneur du château travestie en salle de classe se jouait donc la scène décisive où les apprentis choristes auditionnent devant leur pion-musicien Clément Mathieu. La canicule inflige au décor une étuve à faire rôtir tout espoir. Comme par hasard, c'est ce jour-là que tous les producteurs avaient choisi pour venir batifoler sur ce tournage estival. Dans ma tête, je me faisais un autre film tout aussi angoissant : venaient-ils en rang serré pour me donner l'extrême-onction ? Je me disais que la scène à tourner allait en décider. J'avais opté pour deux caméras installées de manière à ne pas couper la continuité de la scène, sorte de photomaton en mode vingt-quatre images. Premier gamin : Patatras. Il se trompe, chante n'importe quoi. Mais il amuse tout le monde, toujours ça de pris. Deuxième : il bafouille sans fin mais c'est tout encore plus drôle. Je me sens frissonner. Troisième : il bégaie trois fois, paralysé par le trac. Bingo ! Quatrième : le petit Maxence Perrin " Pepinot ". Sa réplique : " J'connais pas d'chansons ! " fait craquer tout le monde sur le plateau. Et puis un autre, et encore un autre. Quand je dis " Coupez ", je ressentais les effluves d'une mer apaisée, une brise salvatrice et un équipage qui retrouvait la confiance. A partir de cet instant, chaque heure, chaque jour, les obstacles tombaient un à un et l'alchimie qui se créait était de celle qui, on ne saura jamais pourquoi, donne ces films qui ont quelque chose de plus que les autres. J'avais gagné mes galons dorés et le tourbillon des " Choristes " pouvait déferler comme une fontaine de jouvence que rien n'arrêterait. On connaît le phénomène " choristes " qui s'ensuivit dans le monde entier, jusqu'à la nomination du film aux Oscars. La bande originale signée Bruno Coulais atteint le sommet des charts et pas qu'en France. Ma propre composition " Cerf-Volant " connût de multiples adaptations mais toutefois moins que " Vois sur ton chemin " (dont j'avais écrit les paroles en quelques heures) qui se trouvait nommé aux Oscars, interprétée par Beyonce sur la scène du Kodak Theater. Certains évoquaient déjà un " Choristes 2 "... je refusais de considérer même une seconde une hypothèse aussi mortifère. En revanche, celle d'une adaptation scénique paraissait une belle façon de poursuivre l'aventure du film, le jour venu. Ou plutôt, l'année venue. Gérard Louvin nous fît une proposition dans ce sens peu après la sortie mais il fallait que le temps passe, que nous passions tous à autre chose pour éviter la confusion du " produit dérivé ". Alors que je n'y pensais même plus, l'occasion s'est présentée bien plus tard par l'entremise de plusieurs contacts. Mes interlocuteurs partageaient l'ambition de conserver la forme modeste du film, d'en respecter le style musical et de renouveler sans trahir. En m'attelant à l'adaptation, je trouvais le projet tellement cohérent pour la scène que j'en arrivais à me demander si le spectacle n'avait pas précédé le film. Nonobstant quelques modifications de personnages, de scènes et de structure, je pouvais rester fidèle au récit tout en livrant une oeuvre nouvelle. Le travail de production fût entrepris très en amont avec el jefe de produccion des " Folies Bergère ", Jean-Marc Vicariot " Chiquito ". Notre principal challenge consistait à former une troupe de gamins de moins de 13/14 ans (avant la mue) en suivant les règles formidablement légitimes et formidablement contraignantes du travail des enfants. La seule solution consistait à former 3 équipes de 15 enfants pour se succéder sur scène en alternance. Par chance, nous avons pu convaincre Gael Darchen – à la tête de la prestigieuse maîtrise des Hauts-de-Seine – de nous rejoindre dans l'aventure. C'est au sein de son effectif que nous allions former notre chorale – ou en réalité nos " trois " chorales - de Fond-de-l'Etang. Ce qui, dit en passant, m'obligeait à régler trois mises en scène pour le prix d'une. L'adaptation sous forme de spectacle musical m'a conduit presque naturellemen

Vivement Dimanche - Christophe Barratier invité plateau

Guillaume Diaz - 19.02.2017

Flash-back. 4 juillet 2003, château de Ravel, non loin de Clermont-Ferrand. Seulement trois jours de tournage et je ne pouvais pas imaginer prémices plus désastreuses. Entre une canicule historique, la fronde d’intermittents locaux, deux jours de grève et des collaborateurs qui perdent pied, les rushes se révèlent si décevants qu’il me semble faire deux films en même temps : le premier et le dernier. Il ne me restait comme viatique que ma foi inébranlable en cette histoire.

Emission ici : http://pluzz.francetv.fr/videos/vivement_dimanche_prochain_,153668877.html

Ce matin-là, à l’intérieur de la salle d’honneur du château travestie en salle de classe se jouait donc la scène décisive où les apprentis choristes auditionnent devant leur pion-musicien Clément Mathieu. La canicule inflige au décor une étuve à faire rôtir tout espoir. Comme par hasard, c’est ce jour-là que tous les producteurs avaient choisi pour venir batifoler sur ce tournage estival. Dans ma tête, je me faisais un autre film tout aussi angoissant : venaient-ils en rang serré pour me donner l’extrême-onction ? Je me disais que la scène à tourner allait en décider.

J’avais opté pour deux caméras installées de manière à ne pas couper la continuité de la scène, sorte de photomaton en mode vingt-quatre images. Premier gamin : Patatras. Il se trompe, chante n’importe quoi. Mais il amuse tout le monde, toujours ça de pris. Deuxième : il bafouille sans fin mais c’est tout encore plus drôle. Je me sens frissonner. Troisième : il bégaie trois fois, paralysé par le trac. Bingo ! Quatrième : le petit Maxence Perrin « Pepinot ». Sa réplique : « J’connais pas d’chansons ! » fait craquer tout le monde sur le plateau. Et puis un autre, et encore un autre. Quand je dis « Coupez », je ressentais les effluves d’une mer apaisée, une brise salvatrice et un équipage qui retrouvait la confiance. A partir de cet instant, chaque heure, chaque jour, les obstacles tombaient un à un et l’alchimie qui se créait était de celle qui, on ne saura jamais pourquoi, donne ces films qui ont quelque chose de plus que les autres. J’avais gagné mes galons dorés et le tourbillon des « Choristes » pouvait déferler comme une fontaine de jouvence que rien n’arrêterait.

On connaît le phénomène « choristes » qui s’ensuivit dans le monde entier, jusqu’à la nomination du film aux Oscars. La bande originale signée Bruno Coulais atteint le sommet des charts et pas qu’en France. Ma propre composition « Cerf-Volant » connût de multiples adaptations mais toutefois moins que « Vois sur ton chemin » (dont j’avais écrit les paroles en quelques heures) qui se trouvait nommé aux Oscars, interprétée par Beyonce sur la scène du Kodak Theater.

Certains évoquaient déjà un « Choristes 2 »… je refusais de considérer même une seconde une hypothèse aussi mortifère. En revanche, celle d’une adaptation scénique paraissait une belle façon de poursuivre l’aventure du film, le jour venu. Ou plutôt, l’année venue. Gérard Louvin nous fît une proposition dans ce sens peu après la sortie mais il fallait que le temps passe, que nous passions tous à autre chose pour éviter la confusion du « produit dérivé ».

Alors que je n’y pensais même plus, l’occasion s’est présentée bien plus tard par l’entremise de plusieurs contacts. Mes interlocuteurs partageaient l’ambition de conserver la forme modeste du film, d’en respecter le style musical et de renouveler sans trahir.

En m’attelant à l’adaptation, je trouvais le projet tellement cohérent pour la scène que j’en arrivais à me demander si le spectacle n’avait pas précédé le film. Nonobstant quelques modifications de personnages, de scènes et de structure, je pouvais rester fidèle au récit tout en livrant une œuvre nouvelle.

Le travail de production fût entrepris très en amont avec el jefe de produccion des « Folies Bergère », Jean-Marc Vicariot « Chiquito ». Notre principal challenge consistait à former une troupe de gamins de moins de 13/14 ans (avant la mue) en suivant les règles formidablement légitimes et formidablement contraignantes du travail des enfants. La seule solution consistait à former 3 équipes de 15 enfants pour se succéder sur scène en alternance. Par chance, nous avons pu convaincre Gael Darchen – à la tête de la prestigieuse maîtrise des Hauts-de-Seine – de nous rejoindre dans l’aventure. C’est au sein de son effectif que nous allions former notre chorale – ou en réalité nos « trois » chorales - de Fond-de-l’Etang. Ce qui, dit en passant, m’obligeait à régler trois mises en scène pour le prix d’une.

L’adaptation sous forme de spectacle musical m’a conduit presque naturellement à rendre partiellement chantant les personnages adultes, dans un style proche de la tradition des « comédiens-chanteurs » de scène, sans chercher de performances vocales au sens technique. Ce contraste recherché est d’ailleurs essentiel pour que les voix « attendues », en l’occurrence celles des enfants, gardent leur place d’exception et leur pouvoir émotionnel.

N’oublions pas que l’aventure a pour origine le film dont je me suis inspiré, La Cage aux Rossignols, sorti en 1945, qui connût un grand succès avec 5 millions de spectateurs à l’époque en France. Comment pourrait-on oublier l’élégance de Noel-Noel, le petit Laugier joué par Roger Krebs (qui nous a quitté récemment) le scénario au cordeau écrit par l’acteur avec Georges Chaperot et René Wheeler, le tout sublimé par la mise en scène de Jean Dréville.

Et tous ceux qui ont contribué à faire naitre les Choristes. Parmi eux, mon oncle et producteur Jacques Perrin, Nicolas Mauvernay, Romain Le Grand et Jérôme Seydoux. Ceux qui ont incarné ces personnages, Gérard Jugnot qui m’avait toujours soutenu, François Berléand, Kad Merad (dont c’était le premier rôle dramatique) et bien sûr Jean-Baptiste Maunier, le « Morhange historique », magnifique et talentueux jeune homme de près de 2 mètres, toujours poursuivi par la JB mania 13 ans après la sortie. La griffe sonore de Daniel Sobrino à qui le film doit beaucoup, contribution qui lui valut un César bien mérité. Et Bruno Coulais bien sur qui, comme moi, vécut la plus inattendue des aventures et toujours à mes côtés pour cette reprise.

Christophe BARRATIER

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